Orthographe, coquilles et conneries : la presse est incorrigible

Fin de la saga des fautes les plus courantes des journalistes avec ce massacre en série orthographique. Avec un peu de recul et une analyse en fin d’article.

 Fautes en une

En janvier 2017, le Washington Post met le symbole masculin pour représenter la marche des femmes à la suite du PussyGate. Quand la presse se presse.

 

Une une, c’est capital. Un accent turbulent dans le TéléObs.

 

J’ai contacté la rédaction du magazine. N’ont pas voulu avouer leur bourde. Vous l’avez vue, vous ?

 

(Trump laisse le monde entier sans voix) Pas vraiment une bourde, plutôt un gag.

Quand la politique s’emmêle

Twitter en 140 caractères dont certains de travers : #NotOK #Quelque

 

Je remets ma relecture à plus tard. Dans La Meuse. Plouf.

 

L’accord du participe passé. Un incontournable. Voir plus bas.

 

Une faute dans un titre : toujours impardonnable

 

 

Une lettre officielle de François Hollande avec, ici encore, un mauvais accord du participe passé.

 

Tout échoué ? En français aussi, Ciotti.

 

S’affronter ? Affronter ?

 

La presse quotidienne : une bonne cliente

Sans commentaire.

Ablation forcée.

 

(Mal) copier/coller de Word ?

 

Nommez qui vous voulez.

Dans le même genre. Tout est prêt. Mais faut pas encore publier…

Erreurs et horreurs sur le web

 

L’oeil du cyclone est sa zone la plus calme !

 

Le mot ‘soldes’ est masculin pluriel.

 

Oups. Dans l’Écho.

 

 

Faute dans l’accroche. 00 pointé.

 

 

BFMTV : ça, c’est de la fourchette !

 

Réquisitionner… de force : pléonasme, cher journaliste de la ReTebe !

 

Participe passé. Encore lui. Passé et on ne le voit plus.

Oups, les fanzouses :(

 

Le participe complètement dépassé

Ou en télévision

Pris en « flag ».

 

Des petits coquilles belges

 

Encore un pléonasme dans le premier numéro du nouveau Pan de Marcel Sel

 

 

Faut pas se tromper quand on veut réaliser un marketing direct efficace.

Après l’attaque, place à la défense !

Deux excellents journalistes de la presse belge (Julie Huon du Soir et Fabrice Grosfilley (rédacteur en chef à la RTBF) qui avait déjà donné son avis à propos du rédacteur final – secrétaire de rédaction en France) ont accepté de montrer la face cachée de l’écriture, souvent malmenée. Merci à eux.

Où sont les relecteurs ?

« Ils disparaissent progressivement du paysage », selon Fabrice. Au Soir, il y a encore quelques correcteurs, « à l’ancienne », qui relisent un maximum de papiers avant validation. Le correcteur automatique, quoiqu’obligatoire, est souvent délaissé par les journalistes, car il peut ajouter des erreurs. Fabrice confirme.

Comme l’éditeur effectue une relecture avant validation, le journaliste est certain que deux personnes passeront après lui. Mais pour Fabrice, « quand l’actualité est chaude ou les copies en retard, il n’y a plus de relecture. » Mais Julie rebondit : « à nous de tenter de convaincre notre rédac’ chef de prendre du recul pour « un papier mieux fourni, mieux anglé, mieux écrit. »

Fabrice complète avec une évolution liée selon lui à l’écriture web : « on publie vite une première version. On corrige, étoffe, nuance par la suite. » Tant pour l’orthographe que pour le fond.

Amusant.

Pourquoi encore tant de fautes ?

Être le premier à publier. #Vitesse #Pression.

Fabrice avoue. Julie parle quant à elle de course contre la montre. Voici une vingtaine d’années, elle avait l’occasion de laisser reposer son texte un jour, de le relire attentivement. En 2017, la journaliste carbure à un papier par jour. N’oublions pas tout le travail en amont : l’interview, la prise de notes, le travail sur le titre et l’accroche. Cela peut avoir un prix que paie l’orthographe. Et quelqu’un (comme votre serviteur) se moquera du journaliste parce qu’il a mal accordé un participe passé (mea culpa).

Fabrice prend un peu de hauteur en pointant deux facteurs : la « paupérisation des rédactions (moins de diffusion payante, plus de médias à couvrir, et donc une pression plus forte sur des rédacteurs qui doivent fournir toujours plus de volume) et une mutation de tous les médias vers des plateformes multisupports (écrit, vidéo, photo) diffusées par le web et les réseaux sociaux. Cette mutation implique que des journalistes, au départ spécialisés dans la radio ou la TV, se retrouvent à faire de l’écrit ou inversement. Nous ne maîtrisons pas toujours la grammaire du métier historiquement voisin du nôtre. »

Une rubrique du Canard que j’adore. Forcément.

Méconnaissance de la langue ?

Non, pour Julie. C’est en lisant des livres que l’on apprend l’orthographe, la conjugaison, le vocabulaire, pas à l’école. Qui lit moins écrit moins bien. Et il faut du temps pour lire. Le temps, ce facteur qui n’apporte pas toujours les bonnes lettres…

Qui fait le plus de fautes, les jeunes n’est-ce pas ?

Pour Fabrice, si les jeunes journalistes font plus de fautes d’orthographe que leurs aînés, « ils sont plus agiles pour beaucoup d’autres choses (interroger, recouper, écrire, prendre une photo, monter du son ou de la vidéo…).» Personne n’est parfait, conclut Fabrice !

L’orthographe, pour ces deux journalistes comme pour les lecteurs, reste un vrai sujet. Merci aux twittos qui m’ont fait découvrir ces perles au goût amer.

Bonus : le « Banksy de la ponctuation »

Un anglais, « grammar nazi », c’est bizarre. Il écrit à Bristol, mais pas sur du papier. En ‘live’. J’adore, forcément.

 

Cet article est dédié à Christiane Tricoit, correctrice au Monde décédée en 2017.

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2 Commentaires

  1. Publié le 22 mai 2017 à 7 h 16 min | Permalien

    Bravo pour cette belle « KOLEKSSION » et vive l’ORTOGRAH

    Amicalement

    • Publié le 22 mai 2017 à 17 h 46 min | Permalien

      Merci Pascal, mais fini de corriger les fautes des autres ; place à l’écrit, au doute, aux fautes, aux fautes qui n’en sont pas, les petites, les énormes, l’apprentissage, la vie, quoi…

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