Mes 125 km de marche vers Compostelle

En janvier 2020, je pars marcher trois heures avec un ami. Il n’a pas vraiment la tenue d’un marcheur : chaussures blanches pour parader en soirée, costume impeccable. Il me propose de partir avec moi sur le chemin de Compostelle. Cette anecdote et la longue pandémie du Covid 19 me rendent nostalgique à mes 125 km beaux et éprouvants de juillet 2019, sous le soleil écrasant franco-espagnol.

Cinq jours de marche, pas plus… hélas

Le Camino, vous ne pouvez le rater. Et si vous vous perdez, ce n’est pas vraiment grave.

Bon d’abord, je n’ai pas fait tout Compostelle, hein ! Cinq jours à peine. Le voyage (rituel ?) dure des mois.

Plus de trois mois si l’on part du centre de la France, il y a des circuits partout en réalité.

Certains vous diront : le chemin (camino) est en TOI. Moi :

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« Il y a toujours un avant et un après Compostelle », ai-je lu un jour.

Deux anecdotes à mon arrivée : une Sud-Coréenne qui ne savait dire que deux mots en français : « Pouylly-en velaaaayyy » et « Demi-penssssion ».

L’autre : l’accueil dans le premier gîte, très comme il faut, très… rigide :

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Arrivent les premiers kilomètres sous mes pieds. Je suis fier. Pas besoin de mes bâtons de marche. Les bâtons de marche, c’est pour les faibles.

Je me suis entrainé pendant deux mois : power-training, cardio, marches étalées sur trois jours.

Pourtant, le premier soir, je marchais comme ceci :

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L’eau, c’est la vie, surtout quand le soleil donne

Ce n’est pas tout. Pour Compostelle, il faut tout prévoir : équipement, météo et provisions.

J’avais deux litres d’eau au départ. On a beau lire qu’on doit boire AVANT d’avoir soif, le stress hydrique, ça fait toujours un peu bizarre.

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Première soirée de vrai pèlerin dans un super gîte. Beaucoup de temps pour décompresser, faire sa petite lessive, son stretching, se restaurer, rencontrer d’autres cultures, parler d’autres langues, découvrir l’autre.

Arrivée à Ostabat, surveillé par le sphynx local. Plus bavard que le personnel sur place, moins rapide… et moins rustique. Les chants basques au repas, je dis OUI, les chants basques à 100 Db, NON !

Le gardien d’Ostabat, en plein pays basque.

En route vers le très beau

Photo champêtre façon "Le bonheur est dans le pré" et qui me rappelle le conseil d'un jeune marcheur anglais : "I drink two litres of water before leaving, but after that, unfortunately, I have to pee often.
Photo champêtre façon « Le bonheur est dans le pré » et qui me rappelle le conseil d’un jeune marcheur anglais : « I drink two litres of water before leaving, but after that, unfortunately, I have to pee often.

Marcher pour guérir, pour vivre, re-revivre, respirer, être.

Arrivée à l’ultra connue Saint-Jean-Pied-de-Port. Mais avant, arrêt dans 1 centre type Delivrance, the movie.

Ambiance bizarre. Motos, un mec à une seule main, des arbres qui mangent le CO2 ET 1 animal qui mange une pomme dans mon sac.

Qui est le coupable à votre avis ? Voir photo.

1/ le chat 2/ la biquette 3/ Gégé

Réponse : Gégé !

Marcher sur le chemin n’est pas une balade classique.

Respect pour tous ceux et toutes celles qui ont fait le parcours.

A pied, à vélo, seul ou en groupe.

Pour une raison, pour une déraison.

Pour guérir, pour vivre, re-revivre, respirer, être.

Roncevaux : ce n’est pas une légende

La montée vers Roncevalles
La montée vers Roncevalles

Les contreforts du col de Roncevaux (Roncevalles), village célèbre pour sa légende de Roland. Départ aux aurores brumeuses.

Mon ami Paul Barbieux et moi sommes pris en photo par deux employés fort propres sur eux et avec une belle cravate rose. Très gentils de nous prendre en photo aussi, ces Témoins !

L’enfer des hauteurs, des anges à la rescousse

Ce n’est que mon 4e jour de pélerin et j’ai pensé à abandonner. Ne me jugez pas. 24 kil au cagnard vers Roncevaux. 4 kil de descente horribles.

C’était sans compter sur plusieurs anges qui m’ont fait réfléchir. D’abord cette jeune Portoricaine qui m’a donné de l’eau.

Puis Elizabeth, Dijonnaise de soixante-dix berges, héroïque, en route pour Santiago. Nous nous encourageâmes, je lui donnai de l’eau.

Puis elle fait un malaise. Et que revienne la Portoricaine aux mille ressources, ange hispanique.

Deux kilomètres plus tard, la retraitée ne veut plus avancer. C’est fini. Il faut un taxi, vite.

Je ne sais toujours pas par quelle bénédiction Javier, citoyen de Roncevalles, s’arrête en voiture, devant nous, pour nous. Il se propose de nous descendre vers sa cité. Trois anges cette journée, belle moisson.

Je repars demain, plus léger car sans mon sac (en effet, il est possible de faire le parcours sans s’encombrer d’un sac lourd, qui vous attend le soir à l’étape, moyennant quelques euros). Mais plus riche qu’hier !

Terminus Compostelle pour moi, à Pampelune

Terminus 2019 pour mon Compostelle. Moral et ampoules LAID (jeu de mots) dans les chaussettes.

Rien n’est grave, juste le corps qui dit : arrête. Alors, je regarde les gens, ce pont, cette énergie, le courant de l’eau toute proche. Mon pote lui, continue.

Je laisse Paul Barbieux finir le périple seul. Il va en baver.

Un barman espagnol nous avait prévenus : c’est le jour le plus chaud de l’année (la veille : 44 degrés). Couvrez-vous, buvez tout le temps (j’ai bu 5 litres mercredi, OK pas que de l’eau).

Les Amis de Compostelle lancent des messages d’alerte sur les réseaux sociaux. NE PAS DECONNER.

Caliente, caliente !

Cette photo ci-dessous, je l’adore.

L’un a dit stop, l’autre continue, et continuera. Mais regardez bien le jeu des ombres !

Votre serviteur couché, l’initiateur du voyage, toujours partant !
Chaque étape, son cachet. Qui sait un jour, retournerai-je marcher vers Compostelle
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2 Commentaires

  1. Publié le 28 mars 2021 à 19 h 08 min | Permalien

    Ravi de t’avoir accompagné sur ce tronçon. Les bons souvenirs pèsent bien plus dans la balance que les mauvais.
    Et en ces temps de confinement, je suis presque nostalgique de mon insolation du dernier jour !

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