Ma pire présentation sur scène

Ma carrière d’homme de communication fut basée en très grande partie sur l’écrit. Chaque prestation orale fut une expérience forte voire douloureuse. Mais on apprend de ses échecs. Voici les souvenirs les plus marquants d’un copywriter, debout, face à son public. Avec quelques astuces aussi, pour vous, les timides.

La scène fosse aux lions

Décembre 2004. Tout occupé à préparer mon magazine bimestriel pour mon employeur, je ne remarque pas, à côté de mon bureau, mon collègue de notre département Evénements (bon OK le gars est tout seul).

C’est bien cela le souci. Il ne peut présenter la prochaine ‘messe’ pour le gratin des directeurs de notre entreprise.

« Phil, j’ai un gros empêchement, tu devras me remplacer, c’est dans deux jours. »

Le stress comme mauvaise adrénaline

J’ai donc très peu de temps pour préparer mon intervention. Je dois trouver un fil conducteur, introduire les orateurs, assurer les transitions, poser les questions. Bref, un chef d’orchestre… avec une toute petite baguette.

J’ai la trèèèèèèèès mauvaise idée de démarrer la présentation (j’allais écrire spectacle dramatique) tel un mec hyper stressé, en venant de l’arrière de la scène et en simulant une conversation avec mon bien aimé collègue absent. 

Ce faisant, j’exagère mon stress interne. Premier mauvais point.

Le silence de mort comme feed-back du public 

Deuxième mauvais point : la méconnaissance de mon public. 400 directeurs, dont certains n’avaient absolument pas envie d’être là. J’ai voulu faire le clown sans avoir la folie, le culot et l’expérience.

Pour introduire un directeur, je fais jouer « Ma petite entreprise » de Bashung avant de reprendre le régisseur et de changer de morceau. 

Mes notes de l’époque, le calme avant la tempête

Entre-temps, j’ai appris que la petite entreprise de feu Bashung n’avait ABSOLUMENT rien à voir avec le business des assurances. 

Aucune des mes piètres idées ne trouve grâce aux yeux du public, que je tente en vain de dérider. 

Cela a duré pendant deux heures. Ma seule pensée était que cela se termine. Troisième erreur. Tout le monde a vu cela. 

Quand enfin, mon supplice prend fin et que les lions se retirent, repus, je dois encore affronter la Reine des lionnes en chef et mon responsable. 

Verdict : RIEN n’a marché. Et je n’ai même pas parlé de mon costume ridicule. 

Et soudain, la lumière

Deux ans après, j’ai eu l’occasion de participer à une formation donnée par la société A Hermès, spécialisée en théâtre d’entreprise.

Cette technique scénique est très puissante pour déminer des conflits, accompagner un changement de structure, etc.

Le public se voit littéralement sur la scène, rit, assimile bien mieux que le meilleur des textes (et c’est moi qui l’écrit :-)).

Nous fûmes trois collègues à suivre une formation passionnante, dans une ancienne halle aux viandes devenue propriété d’une de nos agences, à Malines.

Bonjour, au revoir… pas simple !

Les exercices sont allés crescendo. Le premier fut simple à comprendre : aller sur la scène, s’asseoir sur une chaise, et revenir. La réalité montra rapidement que ce n’était pas évident du tout. Garder son naturel, marcher convenablement, etc.

Ce carnet de A Hermès sur la prise de parole en public ne me quitte pas.

Le dernier restera longtemps en moi. Hardi après une longue après-midi d’exercices toujours plus compliqués, nous terminons avec une présentation de 3 minutes : thème au choix sauf que nous devions défendre une cause pour laquelle nous n’avons aucune affinité.

Et il est vrai que c’est toujours plus facile de parler sur scène d’un sujet que nous maitrisons. J’en parle un peu ici.

Toujours est-il qu’il me vient l’idée de défendre le Pape de l’époque. Je suis donc Frère Philippe et je tente de convaincre le public venu nombreux, à savoir trois personnes. Trois ou trois cents, c’est pareil.

Je m’en suis bien sorti. Une victoire sur moi-même, renforcée encore par la remarque de la formatrice : « Tu sais, Philippe, on était vraiment dans ton histoire.

D’autant plus qu’à un certain moment, le soleil couchant a projeté un rayon à travers les larges vitres de la vieille halle. Nous étions VRAIMENT dans une église et tu étais le VRAI Frère Philippe. »

L’illusion, la réalité de l’artiste… débutant il est vrai.

via GIPHY

« Philippe, à toi de présenter… »

Depuis, je me suis soigné, j’ai appliqué les grands principes, et accepté de commettre encore plein d’erreurs.

J’étudie le public, je le regarde, je pense à respirer, je dis ce que je vais dire, je le dis, puis je dis ce que j’ai dit. Je mets un peu d’humour et surtout, je profite !

Votre serviteur qui a assuré fin 2004 lors d’un événement interne façon La fureur d’Arthur :-)

Pour le surplus, lisez un autre de mes articles. Surtout, je vous invite à contacter ma pote pro Geneviève Smal qui vous explique ci-dessous l’importance des détails. Regardez aussi l’Affaire du collier :-)

Bonus bibi

2017 – je présente un sujet dans mon entreprise, tout se passe bien. Puis, tout le monde rit.
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    Fait divers tragique, un porte-parole s'écroule sous le poids des mots !
    ~@annaconda (sur Twitter)