Mes mots dékapants de A à Z

Mes mots dékapants, au complet, mis en contexte pour vous rafraîchir la mémoire.

phil-creatifABSENCE

Défaut de présence. Ce n’est pas un défaut quand le temps vous prend de trop et qu’il est utile de prendre du recul. Une absence ou une vacance. Hors du temps, houleux et pressant de la Laidegique. Ce que je fis pendant une semaine ? Rien. Nada, nihil, schnoll, nothing, pour reprendre des mots entendus au resto couscous, au centre de bien-être Fatima ou encore au beach-volley de la plage d’Agadir. Un moment d’absence désiré depuis des mois. Un temps court mais intense à la fois, comme quand j’ai contemplé mes pieds durant 5 minutes. (Ou mes vacances farniente à Agadir en sept lignes.)

AVION

(n.m) appareil muni d’ailes et de moteurs. Un des moyens de transports les plus sûrs au monde, aux dires des exploitants d’avions qui s’en mettent plein les soutes. Un crash ne les effraie pas, alors qu’une série noire de pannes peut voir les actions d’une compagnie aérienne chuter en piqué.

Dans notre plat pays, l’avion n’a pas bonne presse. Drame national avec la faillite de la Sabena, une compagnie que nous avions depuis 1923. Catastrophe tragique récente à Temploux. Sujet bruyant et politique avec ces engins qui n’arrêtent pas de se disperser au-dessus de nos lits bruxellois. Trop, c’est trop.

Comble de l’ironie, ce sont des pompiers de Zaventem qui organisent un sauvetage de haut vol… de l’autre côté de la planète (Philadelphie). Dans le pays où l’on prend l’avion comme on prend chez nous le bus. Quand il y en a un.

Alors qu’autre malaise il y a eu avec la disparition d’un Boeing début mars, loin de nos contrées. Et qu’un autre crash-attentat-accident ( ?) est survenu en juillet 2014 dans le ciel plombé de l’Ukraine. Avant la fin du vol Barcelone – Barcelonnette.

Lire aussi : Pilote de lignes

(mars 2014 – juillet 2014)

BIBIOTHÈQUE

Néologisme né en Forêt de Soignes, un dimanche matin de printemps. Au détour d’un chemin, je tombe sur cette magnifique bibliothèque bio. Ces arbres rangés si proprement, comme des livres sages. Et cette envie soudaine de déménager mes livres pour les héberger ici, en pleine nature. Mais comment procéder ? Mes livres érotiques, je pourrai les cacher derrière un charme. Mes livres professionnels, c’est sûr, seront stockés durant un trimestre sur les branches d’un bouleau. Mes revues philosophiques trouveront une place de choix auprès d’un hêtre cher. Les quelques nécrologies, découpées au hasard d’une lecture, se recueilleront ad vitam aeternam auprès de quelques sapins bienveillants. Quant à mes livres de cuisine, ils seront les bienvenus chez les pins, bientôt à couper. Enfin, mes chroniques musicales feront un retour dans le passé auprès de saules des années 70. Ainsi, lors de chaque balade dominicale, je passerai ma main sur chaque arbre comme si, en quête d’inspiration, je feuilletais un livre et retrouvais un vieil ami.

BIÈRE

Mot féminin d’origine belge. Allez ket. Il est d’origine belge, ce mot d’actualité rafraichissant, non ? On la retrouve dans nos verres, dans nos bouteilles et sur tous les écrans. Après le breuvage Jupiler (“Jupes, les mâles savent pourquoi”) destiné à calmer nos gosiers échauffés par les exploits de nos Diaap’ version Coupe (et non verre) du monde, place au bleu glacé de la Maes qui abreuvera tous les festivals et envahira les espaces médiatiques. Encerclés que l’on sera. Échec et malt. Nous serons noirs d’alcool. Ou blonds. C’est selon. À trop y goûter, on finit par la retrouver. Cette fois couché pour de bon. Les messages d’avertissement n’auront servi à rien. Pourtant, on avait juré sous ferment qu’on ne nous y prendrait plus. La modération ? Voilà la vraie consigne. (juillet 2014)

BLINDÉ

Le premier sens, c’est un véhicule militaire recouvert d’un blindage d’acier. Dans le langage courant, blindé veut dire endurci, immunisé, protégé, figé. Figé comme l’ONU qui ne peut apparemment rien contre des blindés. (Je parlais de je ne sais plus quel continent à fort concentration de dictateurs, cela pourrait s’appliquer à la Syrie aussi.)

BLOCUS

Opération visant à couper le ravitaillement (nourriture, armes…) ou les communications d’une zone. En Belgique, cela signifie aussi une période pendant laquelle les parents sont bloqués à la maison, cernés par toute une série de matières plutôt agressives. (Les blocus militaires ont la fâcheuse manie de durer plus que quelques semaines par an.)

BOMBARDEMENT

(n.m) Mot masculin en effet, car la violence est mal et mâle. Seuls les ouragans portent des prénoms féminins, laissons-leur cela, les mecs !

Ce mot, très long et très lourd (on croirait l’entendre exploser, une sorte de longue onomatopée meurtrière, BOM-BAR-DE-MENT), on le subit sur la planète entière. En Lybie, en Syrie, en Irak, à Gaza, à Donetsk et sûrement dans d’autres régions du monde qui nous ont échappé.

On n’a pas eu l’info car les sites d’information (les vrais… et aussi depuis peu les faux (Nord Presse (en Belgique), Tomimag dans l’Est de la France et le plus connu le Gorafi bien sûr) l’ont oublié alors qu’ils nous bombardent allégrement.

Ils nous canardent, ils nous enchaînent. Des roquettes, des oranges, des grenades, des cendres de volcan, des grêlons, des gouttes de kérosène pleuvent dans notre subconscient et sur nos têtes de pauvres citoyens du monde, impuissants, le plus souvent. Quand ce ne sont pas les rétrospectives des combats qui ont occupé nos aïeuls voici un siècle.

Les Gaulois ne craignaient qu’une chose, cela nous arrive à présent, 2.000 ans plus tard. L’infobésité et ce sentiment aussi d’impuissance en face de la vitesse et de l’inhumanité des nouvelles neuves immondes (pensez au Journal de Groland) participent à la morosité générale. Ils nous tuent, à petit feu.

Je vous laisse, je m’exile sur une île déserte. Dans l’océan. Pacifique. Tiens, bonne idée. En espérant qu’il y ait la 4G. (août 2014)

BOMBE

Appareil explosif. Nom féminin fort répandu dans le monde, surtout en ce moment, à Cannes ou à Damas (Syrie). Et chacun d’observer : journaliste people ici, observateur O-nu là. Et moi, trop occupé à rêver de bombes anatomiques, j’en oublie presque les bombes humaines qui planent au-dessus de nos têtes. (24/05/2012, Cannes bat son plein, Bachar bat son peuple.)

BONJOUR

Quelques conseils pour dire « bonjour » correctement le matin au boulot. Aaaah, le matin, lorsque nos yeux sont encore remplis d’oreillers. Quand nous nous dirigeons, branchés sur le pilote automatique, vers notre lieu de travail. Quand on ne sait pas encore très bien ni ce que l’on fait, ni ce que l’on dit. Au fait, comment dit-on « bonjour », un des mots les plus importants de la langue française ? Plusieurs exemples vécus en entreprise :

  • un bonjour sonore et chaleureux, pour un collègue que l’on n’a plus vu depuis dix réunions,
  • un bonjour « options complètes » avec accolade, embrassade, petit mot gentil, qui peut parfois durer de longues minutes (sans pour cela en arriver à un bonsoir…),
  • un bonjour automatique, sans aucun relief ni signification,
  • un bonjour volé : se dit d’un bonjour en réponse à un autre qui s’adressait en réalité à une tierce personne,
  • un b’jour rapide, ou d’évitement, précédant généralement une fuite dans les couloirs pour ne pas se voir demander mille et une choses inintéressantes,
  • un non-bonjour, qui a la même volonté que le précédent.

Venons-en au fait : comment dire bonjour de la bonne manière ? Regardez droit dans les yeux de votre interlocuteur, arborez votre plus beau sourire, et lâchez sans aucune appréhension ni honte : BONJOUR ! À ce moment-là, vous souhaitez réellement une bonne journée à votre collègue.

BROCANTE

n.f. Déménagement d’une cave à une autre.

J’ai toujours adoré les brocantes. Comme visiteur, comme vendeur. C’est comme vendeur que j’ai eu le plus de belles histoires. Le plus de désillusions aussi.

La brocante, c’est le royaume du n’importe quoi et du magnifique. L’éclair dans votre oeil quand vous trouvez l’objet de votre enfance pour 3 euros six sous. Le drame quand le jouet de vos huit ans passe entre les mains d’un acheteur plus rapide ou plus rusé. Car il y a des techniques pour avoir (presque) ce que l’on veut pour (presque) rien :

  • venir aux aurores, comme les Wonderboys (vous savez, ces êtres sortis de l’obscurité et qui fouillent votre véhicule, munis de leur lampe de poche (… aux piles wonder)
  • venir à la fin de la brocante (avec le risque de ne plus rien trouver)
  • marchander (un peu), partir, revenir… Envoyer des amis pour marchander le même objet. Voyant que l’objet ne se vend pas, le vendeur abaissera sans doute son prix
  • faire les poubelles. Mais oui.

La brocante, c’est aussi un folklore, des odeurs et des objets indispensables :

  • la banane et ses sucres lents – le sac banane pour les clés, les billets, le ticket de réservation
  • les vêtements mis l’un sur l’autre, que vous préférerez à un gros pull
  • le thermos de café
  • le sac à dos, pour y loger vos trésors.

La brocante, c’est l’occasion de parler de vos objets préférés. Je n’aimais rien de mieux que de pouvoir discuter musique avec un gars qui m’achetait un CD que lui seul et moi connaissions.

La brocante, c’est une faune incroyable de collectionneurs en tous genres : des cervalobélophiles (collectionneurs de bock de bière), des numismates (collectionneurs de monnaies), des philatélistes… Des nostalgiques ou des commerçants, qui passeront devant votre nez pour revendre un objet bien plus cher quelques mètres plus loin.

La brocante, c’est le royaume de la débrouille. Les faux amateurs que l’on retrouve à chaque brocante et qui ne sont pas en ordre de cotisation sociale, les Péruviens et leurs pulls andins qui s’installent peu après le passage du contrôleur, les vendeurs à la sauvette qui fourguent leur marchandise volée, les stocks de faillite. Un véritable commerce parallèle, car il faut bien vivre. Vous avez vu le nombre de brocantes exploser avec les années ? Chaque école, chaque commune a la sienne.

Ma commune (Auderghem) n’en possède pas moins de 4 régulières, dont une chère à mon coeur : la brocante de la place Pinoy.

CANICULE

Période de grande chaleur. Sa définition n’est pas la même, que l’on soit en Afrique ou en Suède. On parle d’un certain nombre de jours à autant de degrés, le jour, la nuit… Peu importe le pays écrasé par les rayons du soleil, la population souffre. Mais au contraire des pays où la chaleur n’est qu’un problème parmi d’autres, nos frigos à nous ne désemplissent pas. Brochettes de merguez, agneau et pilons de poulet pour le solide, bières, vin et eau pour le liquide sont nos bienfaiteurs du moment.

Et puis il y a les conseils en tous genres pour éviter les accidents. Mais qui parlera un jour des dangers de Dame nature pour les rédacteurs ? Quand le soleil darde ses rayons, le copywriter sèche. Quand le soleil tape, moi je peine à écrire. Quand l’astre frappe, je cours au désastre. Les phrases collent au bitume, les accroches décrochent, les slogans rougissent. Calor y faire ? Je suis fait comme un Rah…. J’arrive à therme. Je dois économiser mon énergie. Écrire court mais dense. Stop. (19/08/2012 – 35° à midi)

CANONIQUE

Adjectif formé à partir du mot canon qui signifie en grec “règle”. Il s’agit d’une règle disciplinaire interne à une religion. (Wikipedia) Exemple : certains évêques ne respectent pas le droit canonique. Ajoutons que ‘canonique’ n’est pas un gros mot.

CATACHRÈSE

Figure de style consistant à détourner un mot de son sens propre en étendant sa signification. Dans l’actu (chaude) depuis une semaine et pendant une semaine encore : vague de froid. (Article sans doute écrit alors qu’il était censé faire chaud ce jour-là…)

CHANGEMENT

(n.m) Fait de changer, fait d’être modifié. Rime avec maintenant. Vont ensemble dans un slogan.

Mot non interchangeable. Car il est là, tout le temps. Le changement d’hier, c’était notre habitude. On y tenait. À tort. Car on change sans cesse.

On change d’air.

On change d’avis.

On change de job.

On change d’heure.

On change de pays.

On change la litière.

On change de valise.

On change de disque.

On change de lumière.

On change de chemise.

On change de raquette.

On change de partenaire.

On change de changement.

CHIFFRE

(n.m.) signe, symbole ou mot tout simplement qui afflue en nombre dans nos vies à JT.

Le chiffre fait du bien quand il y a trop de mots présents. Il résume. Il dit tout ou apporte une valeur ajoutée. Un de mes professeurs nous avait un jour conseillés de prévoir des chiffres dans nos présentations. Des chiffres marquants.

Il y a le chiffre du jour aussi, présent sur des pages internet ou dans des rubriques économiques.

Et puis il y a les chiffres qui nous transportent ou auxquels on se raccroche, qui nous font du bien. Ceux, dictateurs, qui dirigent nos vies et nos entreprises (le chiffre d’affaires, faire du chiffre) ou dont on se méfie.

Allons-y pour une liste de chiffres dans l’air du temps qui, mêlés aux lettres, forment codes, numéros, marques ou encore véhicules :

  • B12 ;
  • C4 ;
  • CAC40 ;
  • CAP 48 ;
  • croissance 0 ;
  • E111 ;
  • E411 ;
  • F16 ;
  • IB5161.

Quels sont vos chiffres personnels ? Quel est le chiffre de votre vie ? (octobre 2014)

CONFINEMENT

 

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4 thoughts on “Mes mots dékapants de A à Z

  1. Bonjour,
    Les fautes d’orthographe vous agacent ? Moi aussi. Ce qui m’agace aussi ce sont les erreurs orthotypographique !
    Au deuxième mot BLINDE. Blinde je ne connais pas, et en lisant le texte je me rend compte que vous parlez de blindé… pourquoi ne pas accentuer le E ?
    Seconde grosse erreur qui me fatigue (si, si, n’ayons pas peur de le dire) Vous terminez votre définition du mot (quel qu’il soit d’ailleurs) par un point final, ensuite vous ouvrez une parenthèse dans laquelle le premier mot n’a pas de capitale initiale (aïe ! que ça fait mal aux yeux !). Pourquoi ? Vous avez terminé par un point votre phrase précédente, donc nouvelle phrase, donc capitale initiale. Il existe cependant une autre solution : vous enlevez le point et le mettez après la parenthèse fermante. Ce qui est logique aussi. Mais bon, dans ces parenthèses la ponctuation finale est dedans (sauf deux fois). Je n’ai plus continué… les erreurs orthotypographiques me font aussi mal aux yeux que les fautes d’orthographes. Je vous lirez plus tard, un autre jour… N’ayez crainte, vous n’êtes pas seul dans ce cas ( ya qu’à lire la presse, je journal Métro est un exemple…dékapant !). Mais à la longue ça fatigue parce que ça relève de la culture et du savoir écrire correctement. Et que quand on écrit un article (qu’il soit papier ou web), on transmet un message (quel qu’il soit) et il est important de le transmettre correctement. Des tas de gens vous lisent (je l’espère en tout cas) et c’est important que leur lecture se fasse sans anicroches. Bien à vous.

    1. Merci beaucoup pour vos remarques, que je vais examiner très attentivement. Quand je serai sûr de moi, je publierai un billet sur les erreurs de ponctuation en général. Mais je dois d’abord faire le point sur mes compétences. 🙂

  2. “…je me rend compte…”

    Agaçant aussi… Le nombre de personnes qui méprisent la conjugaison. Et si ce n’était que ça… La paille et la poutre, version moderne…

  3. “ça relève de la culture et du savoir écrire correctement”

    De facto… Quatre fautes en si peu de lignes ! Répondre à un message aussi, demande de la culture et du savoir… Des tas de gens vous lisent…

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