Le mot dékapant du moment : CONFINEMENT

Avouons-le, le mot confinement n’a rien d’une star. Remonté en surface à cause d’un coronavirus importé des confins de l’Asie, il nous oblige à revenir sur nous-mêmes, quelques semaines, pour notre bien. Alors, ami ou ennemi, finalement  ?

Prisons-nous le confinement ?

Antoine et madame, la distanciation sociale en avril 2020
Antoine et madame, la distanciation sociale en avril 2020

Mot masculin. Un début con, une fin plus fine.

Parmi les définitions du Larousse, celle-ci me frappe : « situation d’une population animale trop nombreuse dans un espace trop restreint et qui, de ce fait, manque d’oxygène, de nourriture ou d’espace. »

Ainsi, donc, en ces premiers et deuxièmes trimestres de l’an maudit 2020, nous voilà, tous comparés à des animaux. Nous, prisonniers dans nos propres murs, nous les cognons, de rage, de frustration ou d’ennui.

Ecran Twitter avec le # covid-19
Viral, on vous dit.

Je ne sais pas vous, mais moi j’en ai ras le masque du bruit autour de ce mot du moment. Ces journaux de confinement écrits à la plume lasse, ces vidéos soi-disant LOL, ce catastrophisme des chiffres, ces analyses contradictoires d’experts en expertise, ces JT anxiogènes. On compte les morts, on couche nos mots sur et à l’écran.

À lire.

À écouter, Fabrice, le porteur de mauvaises et de bonnes nouvelles.

Durant cette période particulière, que faites-vous, vous  ? Ou qu’avez fait (ou pas fait)  ?

Moi, j’ai pris le modeste parti d’en (sou)rire. Je pense que c’est le moment idéal de rentrer en nous pour voir comment nous allons. Pour ne rien faire, pour faire ce que l’on aime, chez soi et en soi.

Télétravail  : l’affaire est dans le sac  !

J’ai écrit, beaucoup, notamment sur ce thème. D’abord, ce texte sans prétention, publié sur l’intranet de mon entreprise.

Deux sacs à la maison pour télétravailler en couple durant le confinement
Cinq semaines de télétravail en couple

Le joli petit ruban rouge sur cette photo ne date pas du confinement, non. C’est mon épouse qui a voulu que l’on distingue son sac professionnel du mien.

En effet, il est arrivé que l’un prenne le sac de l’autre par erreur. Imaginez-vous arriver sur votre lieu de travail sans votre ordinateur.

En réalité, cette précaution n’est plus de mise durant cette longue période de télétravail « forcé ». Les sacs, le soir venu, se retrouvent, fatigués mais heureux d’être à nouveau ensemble.

Le télétravail en couple demande une certaine organisation. Chaque sac à sa place, chacun son espace. On se fait un planning pour la semaine, un horaire fixe, des tâches partagées.

Qui sort le chien  ? Qui va faire les courses  ? Qui va rendre visite à mamy  ? Qui relira le texte de notre benjamine après le boulot ? Notre famille  : une vraie PME  !

Le télétravail en couple, c’est aussi quelques petits avantages pratiques.

Mon épouse  : « Philippe, c’était qui cette jolie femme avec qui tu as bu un café au télétravail ? » Moi  : « ben, c’était toi ma chérie, souviens-toi. Contrôle  !

Mon épouse  : « Bon, chou, c’est quand que tu rentres enfin  ? Moi  : « je descends les escaliers, ma chérie». Timing  !

Moi  : « mais enfin, où est ma belle chemise pour mon 1/2/1 avec ma manager  ? Ma femme  : « dans l’armoire, avance de quelques mètres ». Organisation  !

Cartoon avec Denis Mayeur sur le confinement pendant la crise du coronavirus
Cartoon, avec Denis Mayeur.

La maladie d’amour

Puis, je me suis fendu d’un texte plus léger et coquin  :

Confine-moi fort mon amour.

Prends ma main.

Embrassons-nous.

Étreignons-nous.

Touchons-nous.

Léchons-nous.

Rends-moi contagieux de toi.

Rends-nous malades d’amour.

Mes anticorps dans ton gentil corps.

Mon seul virus, c’est toi

qui me l’inoculeras.

Je ne veux pas guérir.

Dessine-moi un confinement

Enfin, j’ai réfléchi à quelques cartoons, tweets et autres idées graphiques avec mes potes talentueux Denis Mayeur et Jean-Marc Torelli.

Création Jean-Marc Torelli et Philippe Schoepen. Des idées, une image.
Pense à toit, aurait-on pu écrire aussi.

Création Jean-Marc Torelli et Philippe Schoepen. Des idées, une image. Autre illustration.
Avec mon pote Jean-Marc Torelli

Cartoon avec Denis Mayeur sur les réunions Skype à la maison durant le confinement.
Avec mon pote Denis Mayeur

Pour aller plus loin, sans bouger

Pour terminer par une note plus sérieuse, je vous invite à écouter ce podcast qui donne l’occasion à Christian Clot, explorateur et chercheur, de nous donner des clés pour survivre et nous adapter à des situations extrêmes.

J’ai retenu les mots rituels, organisation mais aussi plaisir, repos (car notre cerveau consomme beaucoup d’énergie).

Enfin, penser au présent, visualiser aussi l’après, cela me parle. Je suis en effet ces derniers conseils en méditant chaque jour.

My Sharona, tube de The Knack, détourné pour la cause.
Idée bibi, créa Leen Minne

Et puis, comme j’aime les belles publicités, appréciez celle-ci de Dove, en l’honneur du monde médical qui sauve des vies. Parfait.

Plus loin sur mon blog

Le mot dékapant du moment  : MASQUE

Images et mots  : les métiers passion de Jean-Marc Torelli

Bonus 1 : le confinement d’une invitée

Je tombe par hasard sur un très beau texte sur Facebook, écrit par Viviane Täm Laroy. Merci à elle d’avoir accepté ma demande de le confiner aussi ici, pour toujours.

Aimer sans embrasser
Marcher sans se promener
Croiser sans rencontrer
S’aérer sans sortir
Voyager sans bouger
Toucher sans caresser
Frôler sans s’entrelacer
Parler sans sentir
Manger sans partager
Sourire sans recevoir
Prendre sans découvrir
Voir sans être vu.e
Ecouter le silence

Vivre avec le vide
Vivre avec la torpeur

Soi
Avec les autres
toujours, les autres.

Coincée
Opprimée
Etouffée
sans spontanéité
sans folie

Les distances
La santé
La morale
L’injustice

Confinée.

#expérienceduconfinement

Bonus 2 : les cellules confinement de Cécile Bertrand

Création Cécile Bertrand

L’artiste Cécile Bertrand a réalisé ce qu’on pourrait qualifier d’art-thérapy : une peinture sur le confinement. Cette oeuvre, Cécile l’a reproduite sur un masque de tissu.

Le produit de la vente de cette peinture, de ce masque et de quelques autres va intégralement au profit d’une association qui s’occupe des SDF et migrants, avec ou sans papiers, à Liège. Cette pandémie touche surtout les plus faibles parmi nous.

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2 Commentaires

  1. Thierry Lalinne
    Publié le 11 avril 2020 à 11 h 34 min | Permalien

    Magnifique ton poème, Philippe !

    • Publié le 11 avril 2020 à 11 h 52 min | Permalien

      Merci Thierry ! Prends soin de toi hein. Je prévois une autre séance de dédicaces, plus tard dans l’année.

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    Essai littéraire : pour le plaisir démo.
    ~Philippe