« Nouvelles d’avant » d’Étienne Buyse : enfin de bonnes nouvelles !

C’est un petit bouquin, à peine plus grand qu’un smartphone. Douze petites histoires vous y attendent. Coupez votre téléphone et goûtez ces nouvelles.

« Que le lecteur soit averti : le sujet de ces nouvelles est dérisoire. Elles n’ont – on peut le regretter – aucun intérêt documentaire, historique ou social. Rien n’y est dénoncé ou prêché. A les relire, ce que l’auteur y trouve, c’est parfois une certaine étrangeté, comme un signal faible de l’Événement à venir. »

De quel Événement Étienne Buyse parle-t-il ? Il ne me le dira pas. Un avant-propos bref et sec comme un morceau de bois d’été et énigmatique comme son auteur, parfois.

Voilà le lecteur prévenu.

Le fond

Douze histoires. Quelques femmes. La nature, la montagne. La religion, une touche. Des animaux. Des couleurs. Peu d’adverbes. Pas de noms de lieu. Pas de prénom (en tout cas pas de protagoniste). Ah si, Qokin. Des histoires vécues par l’auteur ? On ne sait pas.

La forme

Des phrases courtes. Le style, pas l’effet. Acéré, sans artifices. Précis. Clinique. On peut trouver de la froideur, parfois.

Avec un peu plus de liberté pour ce livre il est vrai, Étienne Buyse applique, au mot près, les techniques d’écriture design qu’il affectionne et a enseignée, en présentiel ou sur son site http ://boileau.pro/blog/. Visitez-le souvent, vous apprendrez un tas de choses.

Ces nouvelles, au départ publiées sur Internet, ont été réécrites pour le format papier. Je ne les trouvais pas extraordinaires à l’époque. Ou alors, je suis passé à côté. Écrire, tout le monde peut le faire. Réécrire est difficile. Examen de (re)passage réussi pour l’auteur.

Bravo pour ce titre, Étienne, qui ne m’avait pas habitué aux jeux de mots. Mais c’est le seul que vous trouverez dans Nouvelles d’avant.

Indiscrétions

L’auteur m’a révélé que la première nouvelle (Gargouille, qui n’a pas ma préférence) contient la clé pour comprendre les nouvelles suivantes. Trouverez-vous cette clé ?

Accident (qui me rappelle la Ballade de Jim d’Alain Souchon) et Frigo sont mes préférées. Lumineuses. Émouvantes.

La plupart des nouvelles ont une fin en forme de début d’autre chose. On voudrait tant connaître la suite ! Mais il semble que l’auteur ne publiera plus. Il a tant à faire encore.

Un récent passage réussi à la photographie lui a fait délaisser l’écrit. L’image, les mots, Étienne touche à tout, avec pudeur et intelligence.

Donc, allez-y.

Nouvelles d’avant : 113 pages, au Livre en papier ou directement chez l’auteur :

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    J’appelle journalisme ce qui sera moins intéressant demain qu’aujourd’hui.
    ~André Gide