Courir comme un lièvre : les deux “17 juillet” d’Olivier Moreaux

L’auteur de ce livre est un ami. J’ai (re)lu son… ou plutôt ses deux histoires. Ce n’est pas un article sponsorisé. Top départ.

Chapitre père

17 juillet livre Olivier MoreauxC’est l’histoire d’un fils qui subit une double trahison paternelle.

Des parents mariés trop jeunes. Un couple trop déséquilibré aussi. On suit le parcours du héros enfant, dossard numéro un d’une fratrie de quatre, courant d’échec en désillusion.

L’auteur encaisse, page après page. On le voit maltraité par ses copains de classe en primaire, abandonné par son père qu’il idolâtre. Sa mère lui reproche de trop ressembler à son paternel et de ne pas assez l’épauler alors que le gamin manque de tomber dans les mêmes travers que son idole.

Un adulte prématuré dans un monde où l’adulte (le parent) est dur (“j’allais devoir apprendre à exister par moi-même”).

Chapitre impair : le sportif du moi

C’est aussi l’histoire d’un homme qui se découvre une passion pour la course à pied, puis pour le marathon et enfin pour l’Ironman, triathlon longue distance. “Une façon de vivre”, “un état d’esprit”, selon l’auteur qui érige le sport en vertu.

Adulte, il cherche d’autres personnes pour l’élever dans sa vie d’homme (un ami, un coach “historique”, un collègue champion, père spirituel qui lui montre “l’inaccessible étoile”). Il tente de retrouver le regard de son papa, quand celui-ci était encore à la maison.

Tomber, se relever

On suit le héros, adulte, prenant sa revanche sur une partie de sa vie. Il va de victoire personnelle en apothéose sportive, à force d’abnégation.

Les deux histoires se rejoignent au dernier chapitre, sur la ligne d’arrivée.

On devine chez l’auteur cette volonté de ne jamais décevoir son propre fils, Martin (d’être son « lièvre »), en donnant par ricochet une leçon de vie à son père.

Ce livre sert sans doute de divan de psy pour l’auteur, bien qu’il préfère l’exploit sportif comme seul exutoire.

Le sens des responsabilités, le goût de l’effort et le devoir d’humilité transpirent dans les 252 pages de ce livre.

Ce que j’ai aimé

  • Chaque fin de chapitre donne envie de lire la suite. Olivier possède l’art du suspens  ;
  • Les passages sur les différentes compétitions fourmillent de détails, notamment le fameux marathon avorté de New York et l’Ironman de Nice qui clôture l’ouvrage. On nage, on pédale, on court. On souffre. On abandonne. Ou on se dépasse avec le héros ;
  • La finition du bouquin. Photos personnelles soignées, format agréable, typo très lisible.

Ce que j’ai moins aimé

  • Le titre. Le rôle d’un titre est d’interpeller. C’est une promesse. Rien sur la couverture n’explique le titre. Mystère. La 4e de couverture est à peine plus claire. Pour ma part, j’aurais complété le titre par une phrase plus explicite ;
  • Certaines formules lourdes comme on n’en fait plus, ou ne devrait plus en faire. Je suis assez à l’aise avec cette remarque car c’est aussi un de mes défauts. J’ai attiré l’attention de l’auteur sur certains passages à retravailler, mais, comme l’écrit iPagination sur son site, un correcteur n’est pas un coauteur ;
  • L’abondance de passés simples. À sa place, j’aurais utilisé le présent ;
  • Pas de photos au milieu de l’ouvrage. Je suis certain qu’il y avait du matériel.

« 17 juillet » : se lit comme un (I)ro(n)man

Une dernière côte : la promotion de “17 juillet”

Il faut admettre la détermination de l’auteur à sortir ce livre, dans la foulée de son accomplissement de sportif.

Après l’écriture, exercice difficile, surtout lorsqu’il s’agit de raconter des événements personnels forts, il a très vite compris que pour sortir son livre, il allait devoir se débrouiller tout seul. Encore une fois. Enfin, presque.

Il a délaissé les maisons d’édition, les attentes et les frustrations (“trop d’appelés, trop peu d’élus”), s’est adjoint les services de son réseau pour faire mettre en page et publier lui-même “17 juillet”.

Il a également veillé, en bon marketeur, à la promotion de son bouquin, notamment via des séances de dédicace ciblées ou des articles dans la presse. Je suis certain qu’il sera capable de dépasser ses premiers et deuxièmes cercles d’amis-sportifs-lecteurs.

course_foret_de_soignes_olivier_moreauxL’auteur, l’ami

Dans trois domaines, Olivier Moreaux m’a précédé de quelques années. Comme un cycliste qui sort du peloton et que vous ne retrouvez qu’à l’arrivée.

  • Olivier a débarqué dans le Marketing quelques années avant que je rejoigne le service de Communication d’AXA Belgium. C’est un peu grâce à lui que j’ai pu m’éclater en communication ;
  • Olivier a, voici quelques années, exercé une activité d’indépendant complémentaire, ce qui m’a incité à démarrer l’aventure en 2008 (je le raconte en détail ici) ;
  • Enfin, il a sorti ce livre (un contenu long) alors que je suis toujours en réflexion sur le sujet. J’espère sortir mon premier livre avant qu’il ne sorte son 2e, une fiction m’a-t-il révélé.

Olivier, merci d’essuyer les plâtres. Et surtout d’être mon pote depuis 21 ans, conspirateur en jeux de mots pourrire.

“17 juillet”. Auteur – éditeur Olivier Moreaux. 17 euros.

J’ai lu d’autres livres pour vous.

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Un commentaire

  1. Oli Moreaux
    Publié le 7 octobre 2015 à 22 h 27 min | Permalien

    Chouette critique… Merci Phil.
    .

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  • Citation

    Un correcteur pressé met-il la gomme ?
    ~Philippe