J’ai testé un atelier d’écriture. Et vous ?

Un atelier d’écriture. Jolie expression. Cela fait artisan, sueur, ratures et labeur. J’ai essayé et adoré. Et vous ?

Voici quelque temps que je voyais des annonces pour ce type d’atelier. De nombreuses personnes dans mon entourage professionnel en donnent d’ailleurs. J’ai choisi celui de Baudouin van Humbeeck un peu par hasard, via son annonce sur Facebook.

Je voulais aussi découvrir pour la première fois un espace de coworking. C’était celui situé dans la prestigieuse Galerie du roi au centre de Bruxelles.

Le noir, le vert ou le bleu. Surtout pas le rouge !

Le noir, le vert ou le bleu. Surtout pas le rouge !

Les rédacteurs en herbe

Le froid était polaire. J’avais pris du matériel que je n’utilise en principe pas pour écrire : un carnet et des bics. Eh oui, tout se fait à l’écran à présent. Je voulais retrouver cela aussi, le plaisir d’écrire sur du papier, les hésitations, les petits dessins nerveux qui envahissent la page toute heureuse de ne plus rester blanche.

Je suis arrivé le premier sur place, avant l’animateur même. Ce soir-là, il y avait des jeunes, pour la plupart. Des étudiants, dont un Espagnol venu en Érasmus, très courageux d’ailleurs d’écrire dans une autre langue que la sienne. Il y avait aussi une rédactrice prolifique qui a rempli feuillet après feuillet.

Chacun voulait s’essayer à l’exercice, se confronter à ses faiblesses, reprendre confiance dans ses forces. Oser. Sous le regard bienveillant de Baudouin.

Écriture libre

C’est ce qui m’a le plus plu dans cette soirée finalement. Trouver différents styles pour une même contrainte. Ne pas subir de jugements. Certains ont écrit concis, d’autres se sont livrés, d’autres encore sont partis dans l’imaginaire. J’ai eu pour ma part du mal avec les descriptions. C’est un point que je dois travailler si je veux écrire plus que quatre pages d’affilée.

On apporte son bic (stylo, roller, crayon), du papier. On reçoit des consignes. On écrit. On lit ce qu’on a écrit.

Consigne, pas contrainte

J’ai retrouvé ce soir-là quelques exercices qui m’ont sorti du marasme dans lequel je baignais durant ma dernière année d’humanités (lire ici mon anecdote du prompt fesseur).

En voici deux avec ma production :

1/ écrire deux phrases commençant par « Je me souviens »

Cela a donné ceci :

Je me souviens de toi

Je me souviens de moi

Je me souviens de tout

Je me souviens de nous

Je me souviens d’elle

Je me souviens d’eux

Je me souviens de ce lieu

Je me souviens de cette heure

Je me souviens de tes yeux

Je me souviens d’un bonheur

2/ écrire cinq haïku (dix-sept syllabes en trois vers)

Voici ma production :

Le soleil s’endort

La lune va bien merci

Ma rêverie vit

Le monde tourne

Le passé revient demain

Le futur est là

Elle danse bien

Je bois pour oublier car

Je perds mon talent

L’encre du bic bat

Mon coeur saigne bleu et noir

Rouge est ma foi

Les obus sifflent

Les hommes chantent si bien

Que la guerre meurt

Ce qui se passe dans ma tête et sur le papier

Pour la plupart des exercices, je suis passé par différentes sensations souvent contradictoires : la joie, la fierté, le sentiment de n’avoir pas été original, d’avoir commis des fautes.

Exercice d’humilité très intéressant. Écrire certains mots m’a fait penser à des chansons (pour « je me souviens », j’étais à Orly avec Brel), à des gens, à des souvenirs.

À vous d’écrire

  • Avez-vous participé à des ateliers d’écriture ? Quelle est votre expérience ? Donnez-vous des ateliers d’écriture ? Qu’enseignez-vous ? Commentez.
  • Pour ceux qui ont envie de s’entraîner, ici et maintenant : choisissez de « sauver » des griffes de la réforme de l’orthographe un des dix mots repris ci-dessous et écrivez votre texte dans les commentaires.

reforme_orthographe

(merci à Pascal Perrat pour l’idée, vous pouvez le suivre ici)

Texte machine

Texte machine

D’autres techniques de communication ici

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7 Commentaires

  1. Publié le 7 février 2016 à 20 h 23 min | Permalien

    Merci pour ce partage d’expérience, en effet du papier et un bic, cela ne fait hélas plus trop partie de notre panoplie quotidienne.
    Du coup je me suis laissée embarquer dans ton anecdote relative à ton prof de rhéto… Moi aussi, en y pensant bien, c’est une de mes profs qui m’a véritablement donné le goût d’écrire… alors que j’étais dans une section plutôt versée dans les maths.
    Donc, merci pour ce petit moment de nostalgie… et merci aux profs qui nous ont marqués! La plupart du temps ils et elles ne le savent pas… Cela vaut la peine d’être dit et écrit !

    • Publié le 7 février 2016 à 20 h 31 min | Permalien

      Merci Madeleine pour avoir partagé ta nostalgie. Maintenant au boulot avec l’exercice au bas de l’article 🙂

  2. Van Brabant Marie
    Publié le 8 février 2016 à 10 h 00 min | Permalien

    Bravo mon fils. Grâce aussi à ton merveilleux prof de français trop tôt disparu.

  3. Publié le 18 mars 2016 à 12 h 46 min | Permalien

    Bonjour,
    J’ai participé à des ateliers et maintenant j’en anime 🙂
    C’est encore assez récent mais celui qui fonctionne le plus actuellement est intitulé « les 5 sens au service de l’écriture ». En effet, passionnée par la communication, je me suis vite rendu compte que « La vie prend tout son sens au travers de nos sens » 🙂
    Du coup, j’ai eu envie de démontrer aux écrivains en herbe que nous sommes tous que l’inspiration est là, tout autour de nous et qu’il suffit de la cueillir comme l’on cueille des fleurs et d’en faire un joli bouquet coloré, odorant, pétillant,…
    J’adore animer ces ateliers. J’y prends énormément de plaisir à voir les personnes se dérider, prendre confiance en elles à mesure qu’elles découvrent ce qu’elles sont capables d’écrire.
    Je ris aussi beaucoup des « farces » que je leur fait en leur faisant goûter des mets aux textures étranges, toucher des substances insolites,…
    Ces moments sont pour moi un vrai bonheur, un échange et une complicité hors normes.
    Je déplore que trop peu d’homme y participe et je vous félicite donc pour votre essai et votre partage d’expérience.
    Très belle journée à vous 🙂

  4. Camilla
    Publié le 20 juin 2016 à 22 h 31 min | Permalien

    Bonsoir,

    Vous venez de vous abonner à mon fil twitter, alors j’ai un peu fait connaissance avec vous par ici… J’ai bien aimé ce récit de stage, moi qui aime écrire mais n’ai jamais été en stage pour ce faire. Je ne réagirai pas directement sur les nouvelles orreurthographes que vous listez, je voulais juste rapporter celle-ci, qu’une amie remplaçante de « prof de français en burn-out en fin d’année » m’a rapportée:

    – Madâââame, comment on écrit « haut-le-coeur »?

    – Ben, et toi, comment tu l’écris?

    – Moi? Comme ça:  » Hall <3 " *

    Bon ben voilà. Désormais il va peut-être falloir penser à inclure (ou pas) les smileys dans l'écriture contemporaine…

    *pour ceux qui l'ignorent, les signes <3 sont censés afficher un joli petit coeur

    • Publié le 21 juin 2016 à 18 h 38 min | Permalien

      Merci Camilla (ou Camille? Je ne vous situe pas directement sur Twitter). Oui, les emoticons ou smileys pourraient servir de langage pour tout un roman, pourquoi pas… A bientôt.

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    Les relecteurs sont des forces de la rature.
    ~Philippe