« Glossaire du DJ » de Serge Coosemans

La musique est ma grande passion. La lecture aussi. Hop, j’ai acheté ce bouquin, bien caché chez Cook & Book. Non en fait, je ne l’ai pas acheté. Mais je l’ai lu et voici mon avis.

Glossaire du DJJ’ai rencontré Serge Coosemans, auteur de ce glossaire sorti début 2015 aux Éditions la Muette. Je voulais qu’il me vende lui-même son livre (fort abîmé chez Cook & Book – car trop feuilleté déjà ?) et aussi lui parler de mon projet de bouquin sur les disquaires dans les années 60 à 90.

Serge a eu la sympathie de me donner un exemplaire nickel en cadeau. Verdict avec de la zike en sus.

L’auteur

J’apprends en lisant sa bio sur son site qu’il a notamment travaillé pour le magazine RifRaf. Ce magazine gratuit, qui existe toujours d’ailleurs, je le dévorais dans les années 90 pour ses chroniques musicales.

Serge Coosemans signait sobrement (sc). Ses chroniques étaient mes préférées. Il avait l’art de raconter une histoire autour du disque et du groupe, et parvenait à nous convaincre d’acheter le CD… ou pas. Un style cash bien à lui. Des phrases à 130 BPM, bien épicées et sans tabous.

Serge est donc un copywriter, plutôt spécialisé dans la culture en général et la musique en particulier. Appréciez ces textes décomplexés dans Focus, le mag culturel du Vif. Il est aussi DJ et cela se sent dans la façon dont il défend la profession.

Ce livre réunit donc, pour nos yeux et nos oreilles, deux de ses passions. Passons donc à son Glossaire.

Joseph Saddler alias Grandmaster Flash dans ses oeuvres en 2009

Un livre pour tous publics, des clubbers aux blondes platine

Groove One AnotherC’est donc un dictionnaire thématique très sérieux reprenant différentes catégories :

  • les genres musicaux (avec de très intéressantes réflexions sur les courants musicaux qui en ont entraîné d’autres (ou qui ont pompé leurs aînés) ;
  • les techniques des DJ (cut, back cueing, pitch…) ;
  • le matos utilisé par ces derniers (dont la fameuse platine Technics SL1200) ;
  • les grands noms des dancefloors (les pionniers, les obscurs auxquels il rend hommage, et puis les stars façon Guetta ou Nile Rodgers ou encore la grand-messe Tomorrowland qu’il n’aime pas trop, préférant les puristes aux requins et la « culture électronique underground à la boue mainstream. »).

Et puis aussi, derrière ces descriptions se cachent des gens comme vous et moi, des danseurs du dimanche, capables de faire des kilomètres pour voir leur idole, des nightclubbers, des fous de musique…

Une certaine vision de la société qui travaille en semaine et s’amuse les week-ends. Bref, une analyse sociologique du monde de la nuit. Avec ses gourous et ses fidèles, ses modes sincères ou commerciales. God is a DJ…

Grâce à l’auteur, j’ai retrouvé la traduction en français de ce « serment halluciné » calé sur le titre My House de Fingers Inc. J’ai pu aussi retrouver quelques bons vieux morceaux acid et house music.

Serge aborde la musique électronique belge aussi, la saga du Sound of Belgium (TSOB qu’il annonçait déjà dans un article de 2008 du magazine Trax), le bon (Front 242) et le dispensable.

Le style Coosemans

On sent que dans ce bouquin, notre chroniqueur musical s’est voulu plus didactique et descriptif que critique au verbe rock. Parfois, quand l’ami Serge se lâche, c’est par exemple pour critiquer la francisation excessive, en l’espèce du mot DJ risquant de devenir Platiniste (sic). Coosemans : « L’ennui, c’est que ‘platiniste’ sonne surtout aux oreilles averties comme la traduction littérale du néologisme anglais ‘turntablist’. … Autrement dit, on a encore grave branlé le mammouth du ministère. »

Ou encore le passage en page 117 quand il compare le « teufeur » (ou fêtard) par rapport « … au simple quidam qui aime danser sur de la house-music le samedi soir avant de sagement retrouver sa cravate Mickey et son bureau d’assistant-comptable le lundi matin. »

Mes souvenirs DJ personnels

À la lecture de ce Glossaire, dévoré d’une traite, je me suis rappelé mes soirées quand j’étais DJ. Pas un vrai DJ, non, disons un « ambianceur du week-end » ou un « passeur de disques » comme dit Coosemans. Avec des K7 et des vyniles…

Ce dessin ci-dessous (contenu et caricature signés Paul Barbieux), je l’ai retrouvé, en plus amusant et en anglais, dans le Glossaire. Rendez-vous en page 95.

killing p

Doucement les basses… ou pas

Fin 96, j’ai dû brutalement arrêter mon activité de passeur de zik à la suite d’un traumatisme sonore. Coosemans aborde à plusieurs reprises la thématique des décibels, ceux qui font du bien (pour certains groupes, « le volume sonore élevé fait… totalement partie du projet artistique » et ceux qui agressent l’ouïe des voisins et des clubbers, limités tant bien que mal par des « limiteurs », véritables « outils du démon » pour les DJ, adaptes du toujours PLUS FORT !

Felix da Housecat, autre ténor du mix, en pleine promo

Les plus du bouquin

  • Le format quasi carré, très pratique ;
  • L’ouverture d’esprit et la grande culture musicale de l’auteur : livre tous publics donc, pas uniquement réservé aux DJ ;
  • Le style : didactique avec un peu de vacheries à gauche et à droite pour compenser l’aspect sérieux.

Les moins

  • L’orthographe du Glossaire a de temps en temps fui la piste de danse. L’auteur en est conscient et en rit. Ce n’est pas vraiment grave ;
  • J’aurais bien voulu voir à la fin de ce livre une liste avec les morceaux cités ainsi qu’une play-list conseillée par l’auteur. Mais ce n’était sans doute pas l’objet du bouquin.

Pour aller plus loin

Closing Party Régate Baignoires Dinant 2015 / Part 1/3 by Olivier Maghe Aka Dj Abraxas on Mixcloud

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Un commentaire

  1. Publié le 24 septembre 2015 à 10 h 29 min | Permalien

    « la boue mainstream » : j’adore !

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    Un copywriter peut écrire sur n'importe quoi. Mais pas n'importe comment.
    ~Philippe